Appel de contributions au colloque
" Lorsque
l’enfant grandit : entre dépendance et autonomie"
Paris, les 21, 22 et 23 septembre
2000
Comité scientifique
Jean-Pierre Bardet, Paris IV Sorbonne,
Centre Roland Mousnier
Gabrielle Cadier, Paris IV Sorbonne
Virginie De Luca, Versailles-Saint-Quentin,
CNRS
Olivier Faron, CNRS, Société
de démographie historique
Didier Lett, Versailles-Saint-Quentin
Jean-Noël Luc, Paris IV Sorbonne
Éric Mension-Rigau, Paris
IV Sorbonne
Isabelle Robin-Romero, Paris IV
Sorbonne, Société de démographie historique
Catherine Rollet, Versailles-Saint-Quentin,
Société de démographie historique
enfant.colloque@paris4.sorbonne.fr
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Les 21, 22 et 23 septembre 2000, les Universités de Paris
IV Sorbonne et de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et la Société
de Démographie historique organisent un colloque intitulé
: " Lorsque l’enfant grandit ". Les organisateurs de cette réunion
examineront avec intérêt toutes les propositions de communication.
L’intérêt de cette réflexion devrait aussi résulter de sa perspective comparatiste sur une longue période et à l’échelle européenne. On l’aura compris, notre objectif est de saisir les jeunes de l’âge de raison (5-7 ans) au début de l’âge adulte (15-20 ans), de l’Antiquité au XIXe siècle. Les définitions des tranches d’âge méritent une attention particulière : il conviendra de mettre l’accent sur les évolutions sémantiques des termes servant à désigner ces jeunes, de saisir les différences de vocabulaire selon les sexes, les âges, le milieu social. Il faudra aussi distinguer nettement les regards en fonction du discours et des finalités des auteurs. Il sera essentiel de rapprocher les classifications héritées de l’Antiquité des perceptions des groupes d’âge telles qu’elles se révèlent dans les pratiques saisissables. Dans cette direction, les perceptions historiques de la puberté et les définitions des seuils d’autonomie constituent des repères importants.
Au-delà des observations descriptives nécessaires, le but de ce colloque est d’appréhender les relations de ces jeunes entre eux et par rapport à l’autorité : celle des parents, celle des détenteurs de pouvoirs politiques, religieux, sociaux ou économiques (magistrats, clercs, maîtres d’école ou de métier, professeurs, jeunesses constituées, confréries, associations etc.), en envisageant les changements diachroniques et les différences socio-temporelles susceptibles d’éclairer l’acquisition de l’indépendance et ses limites. Les thèmes qui suivent s’articulent autour de cette problématique.
Afin de mieux comprendre les spécificités, pour chaque période de l'histoire, de la perception de ces enfants, des modalités de dépendance, des modes d'acquisition de l'autonomie au sein de la famille, de l'école ou du monde professionnel, il nous a paru opportun d'ouvrir notre colloque à des spécialistes d'autres sciences sociales travaillant sur l'enfance (anthropologues, sociologues, psychologues, psychanalystes..., etc.) et à des professionnels de l'enfance (assistants sociaux, éducateurs, juges pour enfant..). Cette confrontation entre historiens et non-historiens devrait nous inviter à renouveler nos questionnements sur l'enfance et nous aider à mieux mettre en valeur des évolutions. Elle pourrait également permettre à nos collègues des autres sciences humaines et sociales d'inscrire leurs objets d'étude en tenant compte d'une plus grande profondeur historique pour, eux-aussi, relativiser et mieux analyser la nature des changements contemporains.
Thème 1 - Démographie et croissance physique
Sous ce titre, se profilent deux thèmes dont il sera intéressant de chercher les liens : la démographie de la jeunesse d'une part, dans ses deux composantes, mortalité-morbidité et comportements précoces, et la croissance physique. C'est la période pendant laquelle hommes et femmes connaissent les plus faibles risques de mortalité et en même temps, c'est le temps des grandes transformations biologiques : comment ces phénomènes ont-ils été perçus aux différentes époques ? Ont-ils été mesurés et comment ? Quelles ont été leurs conséquences ?
Il est sans doute possible, au moins depuis deux siècles, de tracer les grandes lignes de l'évolution de l'âge aux premières règles et d'en analyser les causes. L'évolution est-elle linéaire ? Est-il possible de proposer une analyse comparable pour la puberté masculine ? A partir de quelles sources ?
On étudiera aussi la représentation de ces transformations physiques, qui accompagnent des remaniements profonds du psychisme de l'individu, par les jeunes adolescents eux-mêmes. Les quelques journaux intimes que nous possédons nous livrent-ils des informations à ce sujet ?
2) Taille et poids : D'autres indicateurs, en particulier celui de la taille, pourraient être explorés systématiquement. A partir de quel moment les jeunes ont-ils commencé à grandir ? Observe-t-on une corrélation avec la fin des crises de sous-production agricole ? L'hypothèse alimentaire est-elle vérifiée ? Quelle est l'influence du brassage des populations ? Observe-t-on des différences régionales importantes, témoins du développement inégal des pays ? Les sources militaires, scolaires, médicales sont à explorer pour dresser des cartographies et des séries chronologiques de longue durée sur les paramètres mesurables de la croissance des jeunes.
Comment la famille, les parents de l'enfant, vivaient-ils la mort du jeune et de l'adolescent ? La mort était-elle plus durement ressentie parce que l'investissement affectif, matériel, était plus grand à mesure que l'enfant grandissait et que les espoirs étaient vifs ?
On s'interrogera sur les caractéristiques de ces comportements précoces : qui sont ces jeunes qui se marient tôt ? Existe-t-il des différences au sein d'une même fratrie, entre aînés et cadets par exemple ? La question des modalités renvoie aux problèmes de cohabitation, voire de conception prénuptiale. Elle englobe aussi la question du choix résidentiel. On analysera les conséquences de ces comportements spécifiques en matière de durée de mariage, de descendance finale, d'intervalles entre naissances, d'allaitement, de mortalité infantile, etc. Ces couples mariés très jeunes se distinguent-ils des autres du point de vue démographique, économique et social ?
On s'intéressera également aux migrations qui caractérisent ce groupe d'âge : le service domestique et le ou les déplacements qu'il suppose influencent-ils le cours de la vie des jeunes ? Le modèle du life cycle servant développé par les historiens anglo-saxons est-il généralisable à toute l'Europe ?
Plus globalement, on se demandera si le poids des jeunes – par sexe ou par âge, avant ou après la puberté – joue un rôle dans le fonctionnement d'ensemble des sociétés du passé. Doit-on y voir un facteur "positif", permettant le take off économique ? Faut-il en revanche l'interpréter comme un phénomène pénalisant, à cause des coûts induits en termes de formation, par exemple ? Finalement, l'approche démographique peut permettre d'aborder de grandes questions d'histoire sociale comme le rapport entre générations différentes, les équilibres économiques généraux ou le rapport entre biologique et social.
La place de l’enfant au sein de la famille et le moment de la quitter ont varié dans le temps et dans l’espace, selon son âge ou son sexe : l’examen des différences et des changements dans le cadre des relations impliquant la parenté est au cœur de notre sujet.
L’examen du vécu, des tensions et des violences devrait permettre de déterminer si les recours à la justice se situaient au-delà ou en deçà des dispositions réglementaires et jusqu'à quel point il est possible d’appréhender les tensions familiales.
A l’intérieur de la famille, la participation attendue des grands enfants à l’économie domestique est mieux connue, mais elle ne saurait être négligée, surtout si elle éclaire les problèmes relatifs à leur autonomie.
Un intérêt particulier sera aussi accordé au destin des enfants seuls, orphelins ou abandonnés. De récentes études sur les comptes de tutelle ont démontré la possibilité de mieux connaître le destins des jeunes après la mort des parents : la piste mérite d’être prolongée. En ce qui concerne les abandonnés, on a plus mis l’accent sur la mortalité massive des tout petits que sur le destin des survivants, au reste d’autant plus difficile à suivre qu’on a tendu à les placer dès le sevrage. Des recherches sur ce thème permettraient une approche différente de la lecture des âges.
Il en va de même à propos des privautés
prénuptiales : pour certains historiens, la vie sexuelle était
précoce, antérieure au mariage, tolérée ; pour
d’autres, au contraire, la " vertu " des jeunes était générale.
Sans relancer cette discussion, il serait intéressant de mieux cerner
le rôle des divers acteurs –familiaux, mais aussi de celui des autres
membres de la communauté, notamment des jeunes eux-mêmes-
dans le contrôle de la vie sexuelle. L’abus et la violence sexuelle
–l’inceste notamment, le viol – tels que vécus au sein de la famille
ne sauraient être ignorés comme révélateurs
des tensions en jeu.
L’insertion des 5-20 ans dans la société est assurée par un ensemble d’institutions comme l’école, les Églises, les médias, les associations de jeunesse, les organisations sportives, la médecine, l’entreprise, la justice, l’armée. Ils y sont parfois soumis à de véritables rites de passage, comme l’adoubement, le début d’un cursus scolaire, l’obtention d’un diplôme, la communion, le premier emploi, le conseil de révision... Inversement, et à certaines étapes de leur vie, quelques-uns d’entre eux mènent une partie de leur existence en dehors de ces structures, soit en solitaire, par exemple à l’occasion d’une fugue, soit dans des bandes, qui engendrent une culture spécifique.
La finalité de ce thème n’est pas de rassembler n’importe quelle étude sur les institutions éducatives, la formation professionnelle, le travail avant l’âge adulte, les sociétés de jeunesse ou la délinquance juvénile. Ne seront retenues que les communications qui permettront d’éclairer davantage :
Modalités de participation au colloque
Lors du colloque, le contenu des communications sera résumé en quelques minutes par leurs auteurs puis discutées sous la direction d’un rapporteur de séance. En principe les participants auront eu tout le temps de lire les textes au préalable.
Les chercheurs, enseignants et étudiants souhaitant y participer sont invités à nous faire parvenir avant le vendredi 31 mars 2000, le bulletin d’inscription ci-jointen précisant brièvement le titre et le contenu de leur communication. Le Comité scientifique se réserve la possibilité de ne pas retenir les projets qui seraient hors thème. Les communications devront être remises au plus tard le mercredi 1er septembre 2000 pour nous permettre de les reproduire et de les diffuser avant le colloque. Au-delà de cette date, aucun envoi ne pourra être pris en compte et les textes qui ne seraient pas parvenus à temps ne pourront pas être présentés au cours du colloque. Il sera cependant possible de participer aux diverses journées en tant qu’auditeur.
Douze étudiants français et étrangers pourront bénéficier de bourses de voyage et de séjour. Ceux d’entre eux qui seraient candidats à ces financements sont priés de joindre à leur bulletin d’inscription une lettre de motivation et une évaluation des frais de voyage accompagnées d’une lettre de recommandation de leur directeur de recherche.
En revanche, en ce qui concerne les courriers ultérieurs et dès maintenant les questions particulières, il sera possible de recourir à l’adresse électronique mentionnée ci-dessous.
Les communications pourront transiter par internet ou être postées sous forme de disquettes accompagnées d’une sortie imprimées, sans oublier de mentionner le type de traitement de texte utilisé et le type de système informatique (Mac, PC). Les communications soigneusement imprimées ou dactylographiées seront cependant acceptées mais à condition que la qualité de l’impression puisse nous permette de les scanner. Les communications qui ne devront pas excéder 15 pages de 50 lignes (3500 signes et blancs) ne comporteront pas d’appels de note en bas de page, mais seulement des références portées dans le texte de la forme (J. Durant, 1955) renvoyant à une courte bibliographie jointe ou, pour les sources, de la forme (Arch. dép. Drôme, C.123) en référence éventuelle avec une brève présentation des sources placée si possible en annexe.
Les notes de la bibliographie seront présentés de la manière suivante :
Livre : Garden (M.), Lyon et les Lyonnais, Paris, 1970.
Article de revue : Depauw (J.), " Amours illégitimes et société à Nantes au XVIIIe siècle ", Annales E.S.C., 1972, 4-5, p.1155-1182.
Article dans un ouvrage collectif : Hajnal (J.), " European Marriage Pattern in Perspective ", in D. Glass et D.E.C. Eversley, édit., Population in History : Essays on Historical Demography, Londres, 1965, p.101-143.
Les annexes consacrées aux sources seront en principe placées en fin d’article sauf si l’auteur préfère procéder à une discussion au cœur de son exposé.
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Centre Roland Mousnier, Paris IV Sorbonne
1, rue Victor Cousin, 75230 Paris cedex 05
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